Depuis plusieurs années, il est identifié que le protoxyde d’azote est utilisé de manière détournée dans le milieu festif à des fins récréatives.
Il est particulièrement consommé par les jeunes, avec une augmentation des consommations régulières et des quantités.
C’est quoi ?
Le protoxyde d’azote, aussi appelé « gaz hilarant », « happy balloon » « proto », est un gaz utilisé à des fins médicales (anesthésique, analgésique), ainsi que dans l’industrie alimentaire.
Il est conditionné sous forme de cartouche (pour les siphons à Chantilly) ou en bonbonne, dans les supermarchés et sur internet.
Son usage détourné consiste à inhaler le gaz par le biais d’un ballon, après avoir « cracké » la cartouche pour l’ouvrir.
L’inhalation du protoxyde d’azote a un effet rapide (pic au bout de 10 à 30 secondes) et de courte durée (1 à 5 min).
L’intensité des effets varie selon chaque personne, la qualité et la quantité consommée, les effets principaux sont:
- Une euphorie comparable à une ivresse, souvent associé à des fous rire incontrôlables
- Etat de « flottement »,
- Sensation de relaxation et de calme
- Une désorientation temporo-spatiale
- Distorsions visuelles et auditives
- Une sensation de dissociation et de défonce
- L’inhalation modifie la voix qui devient particulièrement grave pendant quelques secondes.
Le Protoxyde d’azote : quels sont les risques pour la santé ?
L’inhalation de protoxyde d’azote peut entraîner des effets immédiats et des complications à long terme.
- Au moment de la prise :
- Nausées et vomissements
- Maux de tête
- Crampes abdominales
- Diarrhée
- Somnolence et baisse de la vigilance dans les 30 min après la prise
- Vertiges
- Acouphènes
- Risque à chaque prise :
- Brûlures par le froid : le gaz libéré est extrêmement froid. L’inhalation directement depuis une bonbonne/cartouche peut provoquer des gelures au niveau du nez, des lèvres et des cordes vocales.
- Un manque d’oxygène pouvant entrainer la mort : des inhalations répétées peuvent conduire à la mort par asphyxie.
- Vertiges, étourdissements, désorientation, perte de connaissance pouvant entrainer une chute grave.
- Perte des reflexes de la toux et de la déglutition : risque de fausse route, surtout en cas de perte de connaissance.
- Risques lors d’usage régulier et/ou à fortes doses :
- Troubles neurologiques :
- Difficultés à parler et à coordonner ses mouvements.
- Paralysie des membres inférieurs.
- Inflammation de la moelle épinière à l’origine de troubles neurologiques graves (fourmillements, perte d’équilibre et difficultés à la marche, sensations de décharges électriques dans la nuque, incontinence).
- Une anémie provoquée par la carence en Vitamines B12
- Troubles cardiovasculaires :
- Thromboses veineuses ou artérielles (AVC, embolies pulmonaires, infarctus du myocarde etc…)
- Troubles du rythme cardiaque, baisse de la tension artérielle
- Troubles cognitifs et psychiatriques :
- Confusion, désorientation
- Ralentissement idéomoteur, troubles de la mémoire
- Troubles de l’humeur de type paranoïaque, hallucinations
- Anxiété, dépression
- Troubles neurologiques :
- Addiction et perte de contrôle : risque de consommation compulsive.
Certains troubles sont réversibles à l’arrêt de la consommation, mais certains peuvent apparaitre tardivement (jusqu’à 6 mois après) et devenir permanents.
Ces risques augmentent si le protoxyde d’azote est associé à des substances comme l’alcool ou d’autres drogues.
Comment se protéger du protoxyde d’azote ?
La meilleure façon de se protéger est de refuser d’en consommer. Si vous en consommez :
- Ne jamais consommer seul en lien avec les risques de chutes.
- Ne pas inhaler directement depuis la bonbonne/cartouche : le froid pouvant provoquer des brûlures sévères.
- Respirer de l’air entre les inhalations : cela réduit les risques d’hypoxie.
- Limiter le nombre d’inhalations : multiplier les prises peut occasionner des effets graves sur la santé.
- Ne pas conduire après la consommation : l’état de désorientation met en danger votre vie et celle des autres.
- Garder les cartouches éloignées de toute flamme : le gaz est inflammable.
Le protoxyde d’azote parlons-en !
En cas d’urgences, appeler le 15 ou le 18.
Si vous souhaitez évoquer vos consommations ou que vous êtes témoin de consommations, vous pouvez vous rapprocher :
- D’une personne de confiance
- De professionnels de santé (médecin, infirmière, …)
- De dispositifs : Consultations jeunes consommateurs, France Addictions, Maison des Adolescents …
Le CHU de Lyon propose des téléconsultations « Protoxyde d’azote » – 4 créneaux de 30 minutes tous les mardis après-midi.
Pour prendre RDV se rendre sur la page du service universitaire d’addictologie de Lyon SUAL.
https://www.chu-lyon.fr/teleconsultation-consommateurs-protoxyde-dazote
Le protoxyde d’azote et la loi :
- La vente est interdite aux mineurs
- Inciter un mineur à consommer est puni de 15 000 € d’amende
- La vente ou l’offre dans les débits de boissons et/ou de tabac est passible d’une amende de 3 750€
- La vente ou la distribution des « crakers » et ballons destinés à l’extraction du protoxyde est passible d’une amende de 3 750 €



