BOISSONS ENERGISANTES CHEZ LES JEUNES : QUELS DANGERS ?

En vente libre depuis plus de trois décennies, les différentes marques de boissons énergisantes ont au moins deux points communs :

  • elles contiennent beaucoup de sucre et de caféine,
  • leur marché est en croissance régulière et cible prioritairement les jeunes.

Depuis 2013, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) alerte sur les risques potentiels de ces boissons chez les adolescents, notamment à cause de leur teneur élevée en caféine.  L’Anses estime que les propriétés énergisantes de ces boissons sont douteuses : elle les qualifie donc de « boissons dites énergisantes (BDE) », et précise que les substances qu’elles contiennent sont excitantes et non pas énergisantes. Selon le rapport que l’Agence a produit en octobre 2013, la conclusion est claire : les enfants et les adolescents ne devraient pas en consommer. Or, leur usage semble être en augmentation croissante.

Les différentes études européennes révèlent que 3 % des enfants et 8 % des adolescents consomment des boissons énergisantes plus de 4 à 5 fois par semaine. Aux Etats-Unis, 1/3 des jeunes consommeraient même ce genre de boissons tous les jours.

Les jeunes en boivent notamment pour se tenir réveillés même tard le soir, obtenir un regain d’énergie, améliorer leur performance sportive, mieux étudier, et parce qu’ils aiment leur goût.

LES RISQUES

La caféine peut être dommageable pour la santé des enfants et des adolescents, plus à risque d’intoxication chronique ou aiguë que les adultes. Cette substance peut avoir plusieurs effets indésirables, dont la tachycardie, les palpitations, l’insomnie, l’agitation, la nervosité, des tremblements et des maux de tête. Un abus, en particulier avant la pratique d’une activité sportive, peut même conduire à des convulsions ou à un risque d’arrêt cardiaque.

Les boissons énergisantes sont particulièrement contre-indiquées chez les jeunes qui sont traités pour un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), ainsi que chez ceux qui souffrent de troubles alimentaires ou d’obésité.

De plus, les boissons énergisantes, comme toutes les boissons gazeuses sucrées, peuvent avoir un effet néfaste sur le poids et la santé dentaire des enfants : gain de poids en raison du sucre qu’elles contiennent et érosion de l’émail des dents à cause de leur acidité.

Du point de vue de la santé mentale, Les enfants et les ados qui boivent des boissons énergisantes risquent davantage de se comporter de façon violente, d’adopter des habitudes sexuelles dangereuses, de conduire plus vite, de fumer et de consommer des drogues. Plus un jeune consomme des boissons énergisantes, plus il est porté à prendre des risques.

En ce qui concerne le sommeil, les jeunes consommateurs entrent dans un cercle vicieux. Ils pourraient en effet se mettre à consommer plus de boissons énergisantes pour lutter contre la somnolence et la fatigue qu’elles causent en perturbant leur sommeil. Le manque de sommeil chez les adolescents a été associé à des troubles de l’humeur, l’aggravation de l’asthme, l’obésité, une diminution du sentiment de bien-être et une faible performance scolaire.

Enfin, il existe une réelle menace d’addiction à ce genre de boissons (dépendance physique due à la caféine et dépendance psychologique avec l’impression de ne pas pouvoir s’en passer). De plus, les boissons énergisantes favorisent l’alcoolisme chez les jeunes en masquant le goût de l’alcool dans les cocktails, ce qui pousse à consommer d’avantage d’alcool.

LES PRECONISATIONS DE LA MDA

Aucune étude d’envergure n’a été menée depuis 2013, mais le Ministère de la Santé et des Sports maintient les mêmes recommandations :

  •  ces boissons doivent être consommées avec modération et sont réservées aux adultes.
  •  les boissons ne doivent pas être consommées en association avec de l’alcool ou une activité physique.

L’ensemble des acteurs qui travaille avec la jeunesse insiste sur la nécessité de continuer à sensibiliser et informer les jeunes et leurs parents, surveiller la consommation et recenser les cas de toxicité, ainsi que réglementer l’accès et la vente de ces produits. En effet, si la vente de boissons énergisantes est interdite aux mineurs dans plusieurs pays européens, elle reste aujourd’hui autorisée en France. Or, les consommateurs, majoritairement des jeunes, sont victimes d’un marketing agressif et parfois même mensonger sur ce type de produit.